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2012-2013 : Projet Starter, journal de bord

lundi 28 janvier 2013, par CHALLET Dominique

Le Conseil Général nous a envoyé à la rentrée une liste de projets à mener avec des artistes. Ces projets, dits « Projets Starter », permettent aux enseignants de collaborer avec des artistes, et aux classes de rencontrer à la fois l’ artiste et ses oeuvres, de sortir du train train habituel des cours, et de découvrir une nouvelle ambition. Nous tombons d’accord, avec ma collègue de français, Mme Roy pour demander à participer au projet avec Zhu Hong et Bertrand Charles. La lecture du projet avait retenu notre attention, et notre intérêt avait été renforcé par la découverte des dessins et peintures de Zhu Hong, qui nous paraissaient à la fois accessibles et riches de contenu. M. Salahub, principal, nous donne son accord, malgré la lourdeur des bouleversements d’emploi du temps (deux enseignants, et une classe, mobilisés 18 heures, tout de même).

Après avoir reçu l’acccord du Conseil Général, nous annonçons le projet à la classe choisie, les 4 èmes 4. Ils se montrent visiblement contents d’être distingués, et manifesteront plusieurs fois, avant le mois de janvier, leur impatience de commencer ( une fois la chose annoncée, ils auraient voulu qu’elle commence tout de suite, mais les disponibilités de nos deux intervenants ne le permettaient pas).

Lundi 7 janvier 2013
Rentrée des vacances de Noël. On attaque fort, avec 4 heures de suite. Hong ( c’est son prénom) a installé ses peintures sur les tables de devant dans la salle d’Arts Plastiques, on a fait entrer les 4 èmes 4, et là, grand silence, qui doit parler en premier ? Je croyais d’abord que Hong allait se présenter, mais comme on est dans ma salle, je dis quelques mots – en gros que : voilà devant eux une inconnue, qu’ils ignorent beaucoup de choses de son métier et de ses oeuvres, et que nous allons prendre le temps de découvrir tout ça. En d’autres circonstances on a connu des ricanements, des réactions parasites qui nous amènent vite ailleurs, et souvent, nulle part, mais là, non, il y a bien une certaine attente, Hong prend maintenant la parole. C’est parti.
Après manger, c’est un peu la course : trois quarts d’heure pour accrocher les oeuvres de Hong dans l’espace où elles resteront deux semaines pour que les autres classes en profitent aussi, puis l’après midi pour imaginer par un dessin la Nativité du Maître de Flémalle à partir d’un texte descriptif qui leur est projeté.

Lundi 14 janvier
Nous sommes arrivés en bus à Dijon pour découvrir ce tableau qu’ils n’ont jusque là fait qu’imaginer. Rendez-vous au musée des Beaux Arts avec Hong et Bertrand Charles, critique d’art. Certes, nos élèves trop bruyants vont se faire plusieurs fois rappeler à l’ordre par le personnel du musée. Mais il s’agit de passer deux heures dans une salle assez petite à regarder un seul tableau, du XV ème siécle, religieux par dessus le marché – ce n’était pas gagné d’avance. Finalement, quand Bertrand leur demande s’ils sont contents de leur après-midi, c’est oui.
Ils se sont approchés à tour de rôle du tableau, ils ont découverts une foule de petits détails, et en ont dessiné un. Ils ont comparé leur dessin imaginé avec le vrai tableau, ils sont prêts pour la suite.

Lundi 21 et mardi 22 janvier.
Ces deux après-midis sont consacrées à leur peinture. Chacun choisit la reproduction imprimée d’un détail de « la Nativité », se voit confier un chassis carré de 30 x 30 cm. Des bouteilles de peinture acrylique sont à leur disposition, ainsi qu’une série de brosses de toutes tailles. Hong leur montre comment chercher le bon mélange sur leur assiette jetable qui sert de palette : une touche du mélange est posée sur le bord d’une feuille de brouillon et l’échantillon est comparée à la couleur imprimée en l’approchant.
C’est le moment crucial, mais le groupe se hisse à la hauteur de l’évènement, des coloristes se révèlent, tous s’appliquent à la tâche, les « bons » comme les « rebelles », l’inquiétude se dissipe, nous auront bien quelque chose à exposer à la fin. Mais les choses peuvent vite se gâter. Cinq heures de suite à se concentrer sur un travail, c’est bien beau, mais c’est quand même long. Espérons que la concentration reviendra la semaine prochaine.

D. Challet, professeur d’Arts Plastiques

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